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 Les névroses de l'époque traversaient mickael Jackson

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MessageSujet: Les névroses de l'époque traversaient mickael Jackson   Mer 1 Juil - 7:41

Les névroses de l'époque traversaient Michael Jackson » :








En août 2006 était paru ce qui est à ce jour la seule fiction autour de Michael Jackson, « Bambi Frankenstein ». Interview rapido de son auteur, Jean-Hubert Gaillot, également co-fondateur des Editions Tristram, qui écrivait notamment :

« Ni tout à fait toon [personnage de dessin animé, ndlr] ni tout à fait humain, ni vraiment noir ni vraiment blanc, ni enfant ni adulte, […] au croisement exact des impératifs de l'économie et du désir du public, […]
98 % des habitants de la planète connaissent aujourd'hui le nom de Michael Jackson […]. Il a surpassé Coca-Cola. Il a surpassé McDonald's, Ford et Microsoft. »
Postulat 1 : Michael Jackson est la personne la plus importante de la planète. Postulat 2 : le narrateur de ce roman, un homme déjà bien cramé, pourra rectifier l'image du chanteur juste avant son procès pour pédophilie. Postulat 3 : le « roi de la pop » n'est jamais que le produit le plus accompli de la star ultime, à l'époque du « Signe Distinctif » (la peau de Michael ou les seins de Lolo Ferrari).
Mélangez, ajoutez une malice littéraire vertigineuse, et vous obtenez un objet littéraire parodique sur la création, sur l'artiste et sur l'image. « Bambi Frankenstein », quatrième roman de Jean-Hubert Gaillot, par ailleurs cofondateur des éditions Tristram, est une étonnante fiction -et sa théorie- construite autour de l'icône pop accusée de pédophilie.
De rapports à l'enfance vers un supposé rapport aux enfants



Exfiltré d'une clinique expérimentaire par les avocats de la superstar Michael Jackson, le narrateur se voit confié une mission : rehausser tous les jugements portés sur l'icône controversée après des propos un peu trop doux sur les enfants. Les modalités ? Un face-à-face extraordinaire lors d'un tour de la Terre dans le jet privé de l'artiste.
Le livre était paru juste après le verdict qui, en juin 2005, innocentait la star dans de « l'affaire Avizo », ce jeune de 14 ans qui avait accusé le chanteur d'abuser de lui et de son frère cadet.
C'est sur ce glissement de rapports à l'enfance -la propriété de -Neverland, etc.- vers un supposé rapport aux enfants que prend socle le livre. Enfant, mythe, monstre, adulte, tout est dit dans le titre : « Bambi Frankenstein ».
Voici ce que notre narrateur nous dit de Michael Jackson :

« Son martyre spécial ne tenait-il pas à sa difficulté d'accueillir toutes les tares et contradictions de l'époque : l'amour de la nature, les phobies, le culte de la beauté, le métamorphisme, la jeunesse éternelle, la cryogénisation, la candeur de Bambi, le déchaînement de la violence, l'ubiquité, l'ennui, la chirurgie plastique, les films d'horreur […], la pudeur, le sexe extrême, la différence érigée en horizon moral indépassable, les clones, la réclusion, l'exhibitionnisme- non seulement des les accueillir, ces tares et contradictions, sans en rejeter aucune, mais de les incarner dans la chair étrangement composite qui était la sienne à leur degré maximum ? »
Le livre analyse Jackson comme le premier qui « dans son domaine, l'entertainment, a surpassé les Beatles qui eux-mêmes avaient surpassé le Christ ». Interview de l'auteur, après l'annonce de la mort de son personnage.

Votre première réaction, lorsque vous avez appris la disparition ?
Les sensations se sont bousculées. Etrangement, je me suis dit en apprenant la nouvelle : « Ça y est, cette fois, il a fini de faire semblant. » Michael Jackson mort, c'est pour moi aussi étrange que de concevoir Michael Jackson vivant.
C'était la quintessence de ce que peut être un personnage de fiction. J'ai l'impression qu'il sera oublié plus vite qu'on ne le pense. Je pense qu'il est le dernier de la lignée James Brown, Presley, Sinatra.
Ces hommes qui sont autant des noms, que des « entertainments », que de réelles présences et des voix. Eux bien plus que Madonna ou Johnny Hallyday, qui sont plus vides. Jackson est infiniment plus proche de Jim Morrison. Mais il appartient au XIXe siècle de la culture pop, ne serait-ce d'ailleurs que dans ses vêtements.
Un personnage de roman ou, justement, homme parfaitement représentatif de la façon dont on voit le réel aujourd'hui : de l'horreur, mais raconté comme un conte de fées. Etait-il un humain, un mutant, un mythe ? Une présence ? Une absence ?
Absolument toutes les névroses de l'époque traversaient Michael
Jackson. Et il a d'emblée une dimension mythique et protéiforme. Sinatra, Presley, ou encore Lady Diana étaient aussi des mythes, mais on les savait réels. Dans son cas, son rapport à notre propre réel -et au sien- est bien plus indéfinissable…
Chaque image de lui, chaque photo, n'apporte aucune preuve de soin existence, en fait -pour peu qu'on ait décidé d'y croire avant : il se cachait derrière des masques, des lunettes, des habits. Ç'aurait pu être n'importe qui -ou quoi- d'autre, sur les images, mais habillé en Michael Jackson.
Michael Jackson, c'est une panoplie, complète, mais une panoplie vide. Du coup, tout le monde peut se l'approprier. Ce dont il a d'ailleurs bien jouer en faisant apparaître des sosies de lui, au même instant, dans les villes où le soir il allait se produire en concert.
Je pense que, comme l'émotion autour du chanteur lui-même, l'émotion autour de sa mort a quelque chose de vide.
Il est une forme d'apparition/disparition. C'est la marque de la célébrité, cela dit. Jusque là, seul Howard Hugues (cet aviateur incarné par Leonardi Di Caprio dans le film « Aviator » de Scorcese) avait réalisé cela…
Une victoire d'Obama aurait-elle été possible sans, vingt ans auparavant, le succès de Michael Jackson ?
Si on prend sur un strict niveau « post-racial », Obama est bien plus noir que ne l'était Jackson. D'ailleurs, le problème de ce dernier n'est pas qu'il était noir, dans l'Amérique d'alors. C'est qu'il était noir entre bien d'autres choses… Peut-être la victoire d'Obama aurait-elle été plus difficile à obtenir, cependant.
Bambi Frankenstein


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