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 Quelques paroles de Arnaud Desjardins

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Jérôme

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Nombre de messages : 23
Date d'inscription : 24/01/2007

MessageSujet: Quelques paroles de Arnaud Desjardins   Mar 8 Mai - 14:04


J'aime bien ces formules paradoxales et contradictoires qui court-circuitent l'intellect pour mieux parler à l'esprit :

« Est-il possible de vous dégager de cette interminable suite de réactions qui commence chaque matin et se poursuit jusqu'à ce que vous vous rendormiez le soir ? Et de vous établir dans une liberté, non soumise au changement (pas plus que l'écran ne change quand changent les péripéties du film projeté) mais non séparée du changement ?

Et cette paix, ça ne peut plus être "moi". L'écran n'est pas un autre que le film et pourtant il est totalement libre du film projeté. Totalement le film, totalement libre du film.

La conscience, la pleine conscience sans "moi" [...] il s'agit d'un désengagement qui ne peut se faire que par la perfection du être un avec. »

Arnaud Desjardins



(pour ceux qui voudraient un peu plus de développement(s) sur ce qu'il veut dire, je vous renvoie au message suivant)


J'aime beaucoup aussi cette phrase :


"Un rêve de perfection peut ruiner une existence."


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Jérôme

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MessageSujet: Re: Quelques paroles de Arnaud Desjardins   Mar 8 Mai - 14:12

« Ne vous y trompez pas. Vouloir intensément
"l'Eveil", c'est certainement le vouloir le plus intelligent qui soit
mais vous ne pouvez pas éviter que, s'il y a un vouloir, ce soit un vouloir de
l'ego, alors que la "Libération" c'est l'absolu du non-vouloir
individuel, l'absolu du "Que ta volonté soit faite et non la
mienne". Ce que vous pouvez vouloir avec le moins de danger d'une
impasse radicale, c'est vouloir être capable d'aimer, d'aimer parfaitement,
d'aimer sans restriction, d'aimer d'un amour infini dans lequel vous
disparaissez.


"Tout
m'appartient. Rien ne m'appartient". Les deux points de vue sont la voix et la voie de la sagesse. Si je
peux dire sans mentir "rien ne m'appartient, rien n'est à moi",
je suis complètement libre de toute forme d'avoir. Je ne me situe plus que dans
l'être. Je peux tout perdre. Je peux perdre ma main droite, je peux perdre mes
deux jambes, je peux perdre les yeux et ma vue, je ne suis attaché à rien, je
ne suis attaché par rien, je ne suis dépendant de rien. Rien n'est à moi. Je ne
possède rien. Voilà le chant de victoire du libéré. Rien n'est à moi. Rien
n'est moi. Ce que je peux appeler moi, c'est uniquement l'Être à l'état pur, la
Conscience infinie telle qu'elle se réveille dans l'éveil. Rien n'est à moi. Il
faut aller jusqu'au bout dans cette direction. Vous voyez tout de suite que
c'est beaucoup plus difficile que de pratiquer des respirations alternées,
pratique intéressante mais qui ne met pas l'ego en cause. Réfléchissez à cette
formulation étonnante : "Le verbe avoir n'existe plus pour moi."
Donnez-lui sa chance de prendre un sens pour vous. Mais "Tout est à
moi, tout fait partie de moi", "tout est mien", cela
revient au même. Tout ce qui se présente, tout ce avec quoi vous entrez en
relation ici et maintenant, vous le considérez comme vous concernant
personnellement, comme vôtre et, plus même, comme faisant partie de vous. Vous
ne le reniez pas, vous ne le désavouez pas, vous le reconnaissez, vous
l'assumez. Si vous écoutez bien cette parole, elle est encore plus déroutante
et gênante pour l'ego que la précédente. Est-ce que vous voulez vous rapprocher
d'un but pareil ou bien cela vous paraît-il inhumain ? Vous voulez la paix
définitive. Oui, mais comment allez-vous y parvenir ? Il ne suffit pas d'en
rêver ni de rester en méditation immobile devant une statue de Bouddha. La paix
définitive est liée à ce "Rien n'est à moi". Toute question
d'avoir a disparu. Mais elle est liée aussi à la formulation inverse : "Tout
ce que je rencontre, je l'assume, je le considère vraiment comme faisant partie
de moi."


Ici nous touchons à une idée précieuse, c'est
que le verbe "comprendre" signifie vraiment "inclure". Nous
touchons aussi à ce mot magique entre tous, le mot "oui", "oui
à tout". Regardez dans votre existence, réellement, combien vous
pouvez refuser, renier, désavouer de ce qui fait pourtant partie de votre
destin et le nombre de situations dans lesquelles vous vous trouvez plongée
mais que vous ne voulez pas accepter comme étant complètement à vous. Le nombre
de relations que vous ne voulez pas reconnaître comme vôtres et le nombre
d'êtres humains dont vous pensez : "Je n'en ai rien à foutre, ils ne
m'intéressent pas du tout", quand ce n'est pas : "Ils m'emm...., ils
me font ch...." ou encore plus loin : "Ces tordus-là, je les
vomis." C'est bien entendu le contraire, l'extrême opposé du chemin de la
sagesse. La vie ordinaire, bien loin de la sagesse et de tout ce que vous
pouvez rêver sur la sagesse, c'est l'existence fondée sur la division entre ce
que vous assumez et à quoi vous êtes attachée et tout ce que vous rejetez,
refusez, ne voulez absolument pas reconnaître comme vous concernant - même si
cela se présente sur votre route aujourd'hui, si c'est, pour le moment, votre
lot à vous dans l'existence.


L'ego se dissout en devenant de plus en plus
vaste, en comprenant (dans tous les sens de ce mot) de plus en plus. Un ego
vaste est le contraire d'un ego hypertrophié. L'ego hypertrophié demeure
limité, séparé et mortel. Mais il tente désespérément d'étendre et d'imposer son
impérialisme au monde entier. L'ego vaste perd ses contours limitatifs et
séparateurs en accueillant, en intégrant, en reconnaissant comme siens (plus
encore : en reconnaissant comme soi-même) de plus en plus d'éléments de la
réalité totale.


Si vous voulez
vous approcher de la sagesse, il n'y a pas de chemin qui puisse éviter de se
mesurer avec les deux formulations que je vous ai proposées. A la fois
"rien n'est à moi" et "tout est à moi" ou encore "rien n'est moi" et "tout est moi", jusqu'à ce
que les contours limitatifs de l'ego aient complètement disparu et que vous
soyez un avec l'univers entier, toujours consciente que c'est une seule et
unique Vie qui s'exprime à travers tant de formes différentes et même opposées.
Quand nous lisons une belle parole comme :
"Le
sage a pour corps l'univers entier"
, nous lui donnons facilement notre
adhésion parce qu'elle ne nous gêne pas, elle nous fait même envie. Nous ne
savons pas trop ce que cela signifie mais ça nous paraît très beau. Quel est
l'ego tout petit, restreint de partout, qui ne s'emparerait pas volontiers
d'une telle affirmation ? Oui, mais comment allez-vous arriver à ce résultat
grandiose ? J'ai pour corps ma main droite et mon pied gauche, parce que ça, ça
fait partie de moi complètement. Mais pouvez-vous dire que votre relation est
aussi intime avec tout le reste de l'univers et notamment tous les autres êtres
humains ?


Chaque fois
que vous refusez une situation à laquelle vous devez faire face, chaque fois
que vous refusez un tant soit peu un être humain parce qu'il a "une gueule
qui ne vous revient pas" ou que "ce qu'il est train de dire n'est pas
admissible et que ça vous laisse le souffle coupé", vous tournez le dos à
la sagesse. Il ne s'agit pas du traitement de la situation et de son évolution
future mais de l'indiscutable vérité de l'instant, du présent sans durée. C'est
pourtant sur ces bases-là qu'est construite aujourd'hui la quasi-totalité des
existences. Ce que vous possédez, vous y tenez, vous y êtes attachée, vous ne
voulez pas qu'on vous l'enlève, ni que l'existence puisse vous refuser à jamais
ce que vous désirez recevoir, vivre, connaître. Mais tout ce avec quoi vous ne
voulez rien avoir à faire, que vous ne supportez pas, dont vous ne voulez même
pas entendre parler, vous le mettez à l'écart de vous. Moi, je suis une femme
intelligente et cette imbécile-là, on ne va pas me faire dire que "c'est
moi-même". Et si ! Sans cela, la Sagesse en question disparaît et
l'enseignement spirituel se ramène à quelques trucs psychologiques pour faire
meilleure figure en face des gens intimidants ou pour être un peu plus
convaincante en cas de conflit, mais cela ne peut pas vous conduire à ce que
l'on appelle Éveil, Libération, dépassement de la dualité. A cet accueil de ce
qui vous arrive à vous, vous pouvez vous entraîner, vous pouvez vous exercer,
vous pouvez convertir ce mouvement consistant à renier l'essentiel de votre
existence jour après jour.


Ici et
maintenant vous n'avez pas à vous occuper de ce avec quoi vous n'êtes pas en
relation directe, cela ne fait pas partie de votre existence et c'est inutile
d'en parler. Vous ne pouvez pas vous appuyer pour progresser sur des réalités
avec lesquelles vous n'avez aucun contact. Par contre, toute situation dans
laquelle vous êtes impliquée vous concerne et il n'est jamais juste de la
renier. La renier, c'est tourner le dos au chemin que vous prétendez suivre et
sur lequel vous souhaitez progresser. Qu'il s'agisse d'un phénomène intérieur à
vous, physique, physiologique, psychologique, ou qu'il s'agisse d'un phénomène
apparemment extérieur à vous, érodez la dualité de ce que vous considérez comme
vôtre et ce à quoi vous refusez le droit d'être, jusqu'à la disparition de
l'altérité (du fait même qu'il y ait un autre), jusqu'à la communion.


Qu'est-ce qui
confirme que vous ressentez le phénomène ou l'objet ou une certaine situation
comme autre que vous ? C'est le fait que vous y soyez attachée positivement ou
négativement. Détester quelqu'un, c'est y être attachée négativement. Adorer
quelqu'un, c'est y être attachée positivement. Mais, voyez-le clairement :
"Je suis attachée à" ne signifie pas seulement : "Je
l'aime". "Être attaché à", c'est être "attaché par".
C'est un asservissement. Ou encore, par exemple, si vous êtes attentive, vous
reconnaissez la dualité (toujours elle) entre vous et votre santé. C'est ma
santé, elle est à moi, je reconnais que je peux la perdre (donc elle relève de
l'avoir et non de l'être) mais j'y tiens. Au contraire, s'il s'agit d'une
douleur ou d'un malaise, cette altérité-là, je ne veux pas l'intégrer, je ne
veux pas tenter de la comprendre. Et, si vous voulez une illustration encore
plus simple : "Je prends les compliments, je rejette les critiques."
Autrement dit : "Je ne prends que la moitié de la réalité, la moitié de la
vie." Que voulez-vous ? La plénitude, l'incomplet ? Seule la totalité vous
livrera le grand secret, jamais le partiel. Tout ce dont vous prenez conscience
vous concerne simplement parce que vous en prenez conscience et que c'est votre
lot, c'est ce que vous avez tiré à la loterie de l'existence. Cela vous
correspond (à vous, pas à une autre). Par conséquent, vous ne pouvez pas le
discuter. Mais celui à qui la loterie de la vie a donné une petite taille, il
le discute tant et plus parce qu'il aurait voulu être grand.


Bien entendu,
cette vérité, comme toutes les autres, n'élimine pas la possibilité de
l'action. Si vous n'êtes pas contente de votre raideur et si vous êtes
convaincue qu'en pratiquant le yoga ou le stretching vous vous assouplirez,
faites-le. Si vous considérez qu'un être humain vous lèse gravement et que vous
estimez juste de lui intenter un procès, soyez cohérente avec votre manière de
voir les choses aujourd'hui et faites-le. C'est une manière d'assumer la
situation que d'essayer de la modifier. Mais modifier une situation n'est
possible que si, d'abord, vous l'assumez. Si vous la reniez, vos réactions ne
peuvent être qu'erronées.


Ce dont vous
devez surtout prendre conscience aujourd'hui, ce n'est pas de la richesse de
ces deux paroles : "Rien ne m'appartient" ou "tout fait partie
de moi", c'est combien vous en êtes loin. Vous allez découvrir beaucoup
plus concrètement ce qu'est la prison de l'ego, la limitation de l'ego, une
conscience à la fois séparée et séparatrice, tout à fait restrictive.


Est-ce que
vous pouvez considérer de la même manière que tout être humain avec lequel vous
entrez en contact est aussi important que vous ? Vous savez bien que non. Donc
vous êtes prisonnière de la dualité et de l'ego. En ce qui concerne l'action,
vous ne pouvez pas considérer douze heures de votre vie tous les jours à tout
le monde. Mais il ne s'agit pas, pour l'instant, d'action. Savoir comment cette
conscience de l'unité va se manifester viendra ensuite. Il s'agit d'abord que
cette conscience s'établisse en vous. Si elle s'établit en vous, vraiment, elle
se manifestera certainement. Aujourd'hui je n'entre pas dans le détail des
actions que vous pouvez envisager, décider et accomplir, je me préoccupe de
vous faire toucher du doigt, d'une manière peut-être plus précise pour vous, ce
que c'est que l'ego. L'ego, c'est ce sentiment de vous qui considère comme
non-moi la quasi-totalité de l'univers, tout ce qui ne vous intéresse pas
particulièrement et, encore plus, tout ce que vous refusez d'intégrer parce que
ça vous déplaît, les situations dont vous ne voulez pas, les individus qui vous
énervent, dont la tête ne vous revient pas, qui vous gâchent l'existence.


Ou bien rien
ne vous intéresse (au sens véritable du mot "intéressée",
c'est-à-dire : "j'y suis quelque peu attachée") et vous êtes libérée.
Nous pouvons aussi nous exprimer en termes de "gain et perte".
Qu'est-ce que vous pouvez perdre sans souffrance ? Qu'est-ce que l'existence
peut vous enlever sans troubler la paix des profondeurs, "la paix qui
dépasse toute compréhension" ?


Ou au
contraire, et en vérité les deux formulations expriment la même Libération :
"Tout m'intéresse, j'assume tout, je reconnais tout, tout ce qui se
présente, je le fais mien". C'est une autre manière d'exprimer le oui, le amen. Tout fait partie de moi, aucune séparation ne peut
intervenir. Dans tous les sens du mot, je
comprends tout
. »


Arnaud Desjardins


Extraits de
Lettres à une jeune disciple
La Table Ronde


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