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 Quelques fables et contes de bien avant La Fontaine !

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MessageSujet: Quelques fables et contes de bien avant La Fontaine !   Dim 25 Mar - 9:39

La fermière et son pot de lait



Une fermière se rendait un jour au marché.



Elle portait en équilibre sur sa tête un plein pot de lait frais. Tout en avançant, elle songeait à l'argent qu'elle allait gagner en vendant son lait.

« J'achèterai des poules et elles me donneront chacune un œuf par jour. Ensuite je vendrai tous ces œufs à la femme du pasteur. Puis, avec cet argent, je m'offrirai une belle robe et un joli ruban gris car c'est la couleur qui me va le mIeux. »

Elle se voyait déjà, joyeuse et fière, cheminant gaiement pour le bal du village.

En imaginant ces jolis habits, la fermière s'exclama:

« Je serai si ravissante que tous les jeunes hommes du village m'inviteront à danser.

Mais je refuserai d'un signe de tête, comme ça ! » s'écria-t-elle.

Mais lorsqu'elle pencha le visage, le pot de lait tomba à terre et se brisa en mille morceaux. Tout le lait se répandit sur le sol et avec lui s'en furent les doux rêves de la fermière.



Ainsi, il ne faut jamais vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué!

Esope



Le loup déguisé en agneau



Un loup affamé rôdait toujours autour d'un troupeau d'agneaux. Mais le berger montait si bien la garde qu'il ne pouvait guère s'en approcher. Un jour, non loin du pré, le loup trouva une peau d'agneau que le berger avait abandonnée. Ravi de l'aubaine, le loup l'enfila par-dessus sa fourrure et se mêla au troupeau. Personne ne le reconnut car tout le monde croyait que c'était un mouton parmi d'autres.

La nuit venue, le berger, qui avait très faim, décida de sacrifier un animal pour son souper. Il vit un mouton qui s’approchait lentement de sa cabane. Comme le déguisement du loup était vraiment parfait, le berger le prit pour un de ses moutons et lui assena un grand coup de gourdin. C'est ainsi que l'ingénieuse idée du loup lui fut fatale.



Lorsqu'on joue un tour à quelqu'un, il faut prendre garde à ne pas être pris à son propre piège.

Esope

Le chêne et les roseaux



Un superbe chêne vivait fièrement non loin d'une rivière. Un jour, un violent orage survint et faillit tuer net l'arbre si fort. Lorsque la tempête se calma, le chêne, blessé, vit que les roseaux du bord de l'eau étaient encore debout.

« Comment est-ce possible? s'écria-t-il très surpris.

- C'est simple, répondit l'un d'eux, tu es bien trop orgueilleux pour plier, même un peu. Mais moi, je sais que je ne suis qu'un humble roseau. Alors, lorsque le vent me pousse, je penche la tête. Voilà pourquoi je suis encore sain et sauf. Il vaut mieux plier un peu que de céder tout à fait », conclut sagement le roseau.

Esope






La tortue et le lièvre

Un lièvre rendait souvent visite à une tortue car il aimait beaucoup se moquer d'elle.

« C'est là ta vitesse maximale? avait-il coutume de dire en riant. De ma vie, je n'ai jamais vu d'aussi lent animal que toi! »

Un jour, la tortue, agacée par ses continuelles plaisanteries, le regarda longuement et lui dit d'une voix douce:

« Très bien. Faisons donc une course, et nous verrons lequel de nous deux est le plus rapide. »

À ces mots, le lièvre se mit à rire à gorge déployée:

« Une course avec toi? Mais je risque d'arriver avant même que tu ne partes, ma chère!

- C'est ce que nous allons voir », répondit fièrement la tortue.

Et elle s'avança sur la ligne de départ qu'ils avaient fixée. Lorsque la tortue entendit

« Partez ! » , elle commença a courIr.

Le lièvre, qui n'était pas pressé, resta sur le bord du chemin, se disant qu'il avait tout son temps. Il ferma les yeux, confortablement installé sur un moelleux tas d'herbes fraîches, ferma un œil, puis les deux et... s'endormit.

La tortue, qui savait bien qu'elle était lente, continua à courir et prit une grande avance sur le lièvre endormi. Tant et si bien qu'elle arriva première.



« Sans effort, les dons naturels ne suffisent pas toujours », dit-elle en souriant au lièvre lorsqu'il arriva tout essoufflé sur la ligne d'arrivée.

Esope





L’Oie aux œufs d’or



Un fermier découvrit un jour que son oie regardait étrangement l’œuf qu’elle venait de pondre. S’approchant d’elle, il s’aperçut qu’elle avait pondu un œuf en or.

Elle recommença le jour suivant, puis le surlendemain et ainsi plusieurs jours d’affilée. Croyant qu’elle avait un tas d’or caché dans le ventre, il réfléchit et pensa la chose suivante :

« Si je la tue, tout cet or sera à moi. »

Il lui ouvrit donc le ventre mais ne trouva rien du tout !

A désirer davantage que ce que l’on possède déjà, on risque de tout perdre à la fois !

Esope



L’enfant qui criait au loup

A trop crier au loup, on en voit le museau. Un enfant bâillait comme un pou tout en gardant sont troupeau. Il décide de s’amuser.
"Au loup ! hurle-t-il. Au loup ! Vos troupeaux sont en grand danger ! " Et il crie si fort qu’il s’enroue. Pour chasser l’animal maudit, les villageois courent, ventre à terre, trouvent les moutons bien en vie, le loup, ma foi, imaginaire…
Le lendemain, même refrain. Les villageois y croient encore.
Troisième jour, un vrai loup vint et c’était un fin carnivore.
"Au loup ! cria l’enfant. Un loup attaque vos troupeaux ! "
"Ah! Le petit impertinent ! Mais il nous prend pour des nigauds! " s’écrièrent les villageois.


Le loup fit un festin de roi.

Fables d’Esope,
adaptation de Marie Farré,
Gallimard





Le loup et l’agneau

Un loup, voyant un agneau qui buvait à une rivière, voulut alléguer un prétexte spécieux pour le dévorer. C'est pourquoi, bien qu'il fût lui-même en amont, il l'accusa de troubler l'eau et de l'empêcher de boire. L'agneau répondit qu'il ne buvait que du bout des lèvres, et que d'ailleurs, étant à l'aval, il ne pouvait troubler l'eau à l'amont. Le loup, ayant manqué son effet, reprit : "Mais l'an passé tu as insulté mon père. - Je n'étais pas même né à cette époque", répondit l'agneau. Alors le loup reprit : "Quelle que soit ta facilité à te justifier, je ne t'en mangerai pas moins".

Cette fable montre qu'auprès des gens décidés à faire le mal la plus juste défense reste sans effet.



Esope






Le corbeau et le fromage

Source: Ésope, fable 165

Un corbeau, ayant volé un morceau de viande, s'était perché sur un arbre. Un renard l'aperçut, et, voulant se rendre maître de la viande, se posta devant lui et le loua de ses proportions élégantes et de sa beauté, ajoutant que nul n'était mieux fait que lui pour être le roi des oiseaux, et qu'il le serait devenu sûrement, s'il avait de la voix. Le corbeau, voulant lui montrer que la voix non plus ne lui manquait pas, lâcha la viande et poussa de grands cris. Le renard se précipita et, saisissant le morceau, dit: «O corbeau, si tu avais aussi du jugement, il ne te manquerait rien pour devenir le roi des oiseaux.»

Cette fable est une leçon pour les sots.











La cigale et les fourmis :

On était en hiver et les fourmis faisaient sécher leur grain que la pluie avait mouillé. Une cigale affamée leur demanda de quoi manger. Mais les fourmis lui dirent : "Pourquoi n'as-tu pas, toi aussi, amassé des provisions durant l'été ? - Je n'en ai pas eu le temps, répondit la cigale, cet été je musiquais. - Eh bien, après la flûte de l'été, la danse de l'hiver", conclurent les fourmis. Et elles éclatèrent de rire.

Esope (VIIe-Ve siècle avant J.-C.), Fables,
traduction de Claude Terreaux, Arléa, 1994



La cigale et le hanneton :

Un jour d'automne où soufflait un vent très froid, un hanneton chargé de provisions pour l'hiver fut suivi par une cigale.

« Hanneton, mon bon hanneton, j'ai si faim, donne-moi un peu de cette nourriture supplia t-elle.

- Mais qu'as-tu fait tout l'été ? répliqua froidement le hanneton.

- J'ai chanté, balbutia la cigale.

- Eh bien, tu peux danser tout l'hiver maintenant, lui répondit le hanneton. Ne sais-tu pas qu'il faut toujours préparer aujourd'hui ce dont on aura besoin demain ? »


Esope (VIIe-Ve siècle avant J.-C.), Fables

Traduction de Armand Eisen, Mango Jeunesse. 1994.







Aesop (620?-560? av. J.-C.), fabuliste grec, aurait été un esclave affranchi à Thrace.
Plusieurs tentatives furent faites pour confirmer l'existence de l'homme. Hérodote, au 5ème siècle av. J.-C., disait qu'il avait vécu au 6ème siècle et qu'il était un esclave et Plutarque, au 1er siècle de notre ère, fit de lui un conseiller de Crésus, roi de Lydie au 6ème siècle av. J.-C.


Une tradition veut qu'il vienne de Thrace, pendant qu'une autre, en fait un Phrygien. Une biographie égyptienne du Ie siècle ap. J.-C. le situe sur l'île de Samos où il aurait été un esclave vivant au 6e siècle av. J.-C. et qui aurait mérité sa liberté de son maître Jadmon, lequel reconnut l'intelligence et la finesse d'Ésope. De là, il partit à Babylone pour travailler avec le roi Lycurgus et mourut à Delphes.

Le premier fablier fut celui de Demetrius Phalareus au 4e siècle av. J.-C., mais il ne survécut pas au-delà du 9e siècle ap. J.-C. Une autre collection fut celle de Phèdre, reproduite à Rome au 1e siècle ap. J.-C.

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