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 http://www.marianne2.fr/Les-Mariannautes-et-l-insurrection-q

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MessageSujet: http://www.marianne2.fr/Les-Mariannautes-et-l-insurrection-q   Lun 19 Juil - 7:02

Les Mariannautes et l’insurrection… qui ne vient pas


Bénédicte Charles | Dimanche 18 Juillet 2010 à 16:01 | Lu 10916 fois



Tous les éléments sont-ils réunis pour que le peuple français se soulève? Ou au contraire manque-t-il l'essentiel? On pourrait croire la question ringarde. Pourtant, la tribune d'Elie Arié consacrée à ce sujet a déclenché une avalanche de commentaires, et un débat passionné entre Mariannautes.




dessin : Louison

Dans une tribune intitulée «Pourquoi la révolution n’est pas près d’arriver », Elie Arié répondait aux Mariannautes qui, outrés par l’affaire Woerth-Bettencourt, sonnés par la politique de rigueur enclenchée par le gouvernement et, globalement écoeurés par ce qu'ils considèrent comme le comportement de la classe politique dans son ensemble, estiment que tous les ingrédients sont désormais réunis pour que le peuple déclenche sa révolution. Pour Arié en effet, il manque l’essentiel : des gens qui savent ce qu’ils veulent mettre à la place du système qu’ils renversent. Cette prise de position particulièrement polémique a bien évidemment inspiré les Mariannautes : plus de 160 commentaires !

Il y a ceux qui veulent tout de même y croire, tels Jean-Philippe Chauvin
: « Bernanos voulait une révolution spirituelle mais aussi politique, royaliste ! Si la révolution paraît lointaine, au regard de la situation actuelle, n'est-il pas nécessaire pourtant de la préparer ? » ou encore l’Arsène : « Dans l'immédiat, la révolution, je ne crois pas. Mais après le Mondial et le Tour de France, et surtout quand les chômeurs de plus en plus nombreux ne percevront que des clopinettes et qu'en plus les classes moyennes comprendront qu'elles peuvent vite basculer dans la misère, alors avec les politiques corrompus et l'écoeurement aidant je crois que tout peut arriver. Mais cela peut très bien prendre du temps. Mais au train où cette mondialisation ultra-libérale et non régulée avance et provoque tant de casse, je ne pense pas qu'en 2020, l'Europe soit calme et sereine. »

Vous êtes nombreux, aussi, à considérer qu’Internet fait office à la fois de cahier de doléances et de vecteur d’organisation pour un peuple en colère. Ainsi, pour kelkun kelkun (et il n’est pas le seul à l’écrire), Elie Arié ne comprend pas « ce qu'est Internet fondamentalement, ni de saisir le nombre de membres d'un Tiers Etat éclairé qui s'organise peu à peu et pourra s'appuyer sur la colère populaire causée par l'injustice et la faim pour inventer une nouvelle forme d'organisation politique ».

Pour beaucoup d’entre vous, cependant, une révolution ne peut être que mue par des intérêts individuels, à commencer par les finances personnelles de chacun. Ainsi le Français est-il vu comme un révolutionnaire vénal qui ne descendra dans la rue que si on le frappe au porte-monnaie.

« Si les finances des citoyens sont touchées, oui il y aura cette révolution» explique Karine M. qui considère qu’il n’y a « que ça qui puisse provoquer la colère des français... Si ce gouvernement ne touche pas aux finances des Français..., pas de révolution en France !!! »
De même, pour Causabon, « Le salut viendra de la petite bourgeoisie et non du peuple, le bras armé de la révolution n'a hélas jamais eu droit de cité dans la salle du trône, même quand il en a défoncé les portes. 
C'est cette seconde bourgeoisie qui n'appartient pas à la première, financière et hyper-capitaliste (aux capitaux immenses et aux flux illimités dans le temps et l'espace) qui réagira quand elle aura perdu ce qu'elle possédait jadis. La Grande bourgeoisie sait se satisfaire du système , quand il le contrarie elle utilise ses faiblesses pour obtenir ce qu'elle souhaite. 
En 2007, cette dernière a identifié l'Etat comme responsable et a soutenu immodérément Sarkozy, l'affaire Woerth-Bettencourt résume tout cela de façon éclatante ! 
On nous répète depuis tout petit que le peuple fait la révolution quand il manque de pain. Peut-être était-ce vrai avant mais en France on ne crève plus de faim depuis un bail (on crève d'autres manques)... 
J'avais lu que les gens les plus incontrôlables, prêts à renverser des montagnes pour atteindre leurs objectifs n'étaient pas ceux qui manquent de tout mais ceux dont l'abondance n'est plus satisfaite, comme pour les drogués. Le peuple ne crevant pas de faim et n'ayant jamais jouit d'abondance, je regarderai du côté de la petite bourgeoisie dont le confort risque d'être entamé par la prolongation de la crise. »

Une grande partie des Mariannautes conteste également l’approche historique d’Elie Arié. Ainsi de Jean-Luc D. : « N’oubliez pas que la France a connu un long passé révolutionnaire, et conclure votre article, pour valider votre thèse, par une analogie avec la situation grecque est des plus contestable. Ce n’est pas parce que la Grèce ne bouge pas – apparemment, car je crains que nous n’ayons pas tous les éléments en main pour en juger, les médias nous livrant les informations qui les arrangent – que d’autres pays confrontés aux mêmes conditions ne le feront pas. 

Avant d’en arriver à une révolution violente, il existe d’autres chemins qui passent entre autres par la résistance, une résistance active qui se construit chaque jour, minant de l’intérieur tout un système et aboutissant à son illégitimité. L’abstention croissante est un des aspects de cette résistance, mais elle n’en est que la face émergée, car la résistance a aussi pour principe de s’activer dans l’ombre au sein de réseaux organisés qui attendent le moment propice pour agir en s’appuyant sur un mécontentement généralisé et l’affectivité des masses. 
S’arrêter à la surface des choses n’est pas suffisant, et rien ne vous permet d’affirmer qu’ « une révolution n’est pas près d’arriver ». Pour en juger, il faudrait proposer une étude beaucoup plus approfondie sur toutes les causes et les contextes ayant entraîné des mouvements insurrectionnels, et ne pas se limiter à Mai 68. 
Votre analyse, mon cher Élie Arié, comme celle de beaucoup d’économistes, s’apparente davantage à une conjecture divinatoire ou à un exorcisme scripturaire plutôt qu’à l’analyse d’une réalité dont la complexité mériterait plus de nuance. »

Philippe Leclercq, pour sa part, évoque la Commune de Paris : « Ce cher Elie Arié oublie la Commune. Et nous sommes bel et bien dans une situation étrangement semblable : toute puissance de la Banque, un gouvernement que sa peur du peuple pousse à faire n'importe quoi, sous la houlette d'une intelligence médiocre.»

Pour d’autres, le parallèle entre 1789 et aujourd’hui ne fait pas l’ombre d’un doute, comme en témoigne cet échange entre Epicure et Joseph Arthuis :
Epicure : « La révolution de 1789 est la conséquence indirecte d'un volcan islandais, ses effets, la diminution des récoltes ( et donc des famines aussi ) a amené l'Ancien régime au plus fort de ses contradictions. 
Car les impôts étaient supportés avant tout par le Tiers état, et très peu par les plus riches (…). Et suite aux mauvaises récoltes, les paysans avaient du mal à payer les lourds impôts et à se nourrir. 
Ce qui amené des déficits menant l'état à la banqueroute, faute de faire payer les plus riches. La convocation des états-généraux a été faite pour résoudre ce problème faute de décision autonome du gouvernement royal capable de résoudre le problème (on ne voulait pas toucher aux riches). 
D'un autre côté les bourgeois subissaient les défauts du tiers état ( impôts lourds et aucun pouvoir ) sans pouvoir profiter de leur richesse comme l'aristocratie. 

Donc faute de solution raisonnable qui consistait à prendre l'argent là où il était c'est à dire chez les privilégiés, sans compter les plaintes contre toutes les discriminations et injustices des cahiers de doléances, le tiers état s'est soulevé contre les deux ordres privilégiés, avec quelques alliés libéraux du clergé et de la noblesse, et a forcé la voie vers une constitution pour résoudre les problèmes, d'où la révolution, car le roi n'en voulait pas. 

Ce qui est intéressant, c'est que depuis que la droite est au gouvernement en 2002, les déficits ont augmentés surtout depuis sarkoléon, notamment en pratiquant des politiques délestant les plus riches d'impôts et faisant peser les coûts correspondant au reste de la population, qui sont estimées à 100 milliards €. 
Et maintenant on demande au peuple de faire des sacrifices, pour faire plaisir aux privilégiés qui ont été favorisés par les politiques fiscales. Et le gouvernement ne veut pas toucher aux avantages des plus riches qui ont profité du système cette dernière décennie. 
Bref on se rapproche de la même situation qu'en 1789, toute proportion gardée ( et j'insiste sur ce dernier point quand même ). »

Joseph Arthuis : « J’ignore l'épisode volcan islandais, mais effectivement l'assèchement du trésor royal chronique, le recouvrement obsolète de l'impôt , la non imposition des classes les plus riches et le coût de la guerre d'indépendance des états unis sont en gros les facteurs de la convocation des états généraux. Mais aujourd'hui, il me semble que la population Française est trop atomisée et que nous ne sommes pas encore tombés "assez bas" , la classe moyenne vit sur ses acquis et son patrimoine qui lui permet encore de maintenir une entraide familiale, bien que ceux-ci s'amenuisent, pour que nous soyons menacés d'une révolution. Nos dirigeants de tous bords ayant pour objectif de freiner la chute par l'alternance, ce qu'un gouvernement de gauche peut ou ne peut pas se permettre, un gouvernement de droite prend sa relève, ( ex les retraites sous Jospin). Par ailleurs si l'on considère que la révolution Française fut une révolution bourgeoise sous couvert de révolution populaire, nous ne sommes pas actuellement dans les mêmes critères.Je crois plutôt à un système type Afrique du sud, une bourgeoisie blanche et noire de plus en plus retranchée face à une 'populace' (terme emprunté à A.Arendt) sporadiquement secouée par des émeutes, et un gouvernement du genre Zuma, pour lequel outre la corruption, il ne nous manque que les peaux de tigres et la zoulou danse. »

Enfin, une bonne partie des Mariannautes se range à l’avis d’Elie Arié, non sans le regretter.
Pépin Lecourt : « Je suis vraiment surpris de la résignation des gens autour de moi lorsque l'on sort du cercle de " militants" qui sont en agitation permanente, quasiment "professionnelle" mais sont extrêmement minoritaires. La masse des gens n'a pas de réflexion sur les causes de ce qui ne va pas, ils ne sont pas content de Sarko, mais pensent qu'avec " les autres" cela serait pareil ( ont-ils tort ? ), la télé leur montre que partout dans le monde c'est le même merdier, il n'apparaît pas une cible bien identifiable comme pouvait l'être la Noblesse en 1789, et personne, surtout dans les grands médias, ne les incite à faire une réflexion sur les origines de ce merdier, bien au contraire, qui semble apparaître alors comme un phénomène sur lequel personne ne peut avoir prise et donc pas de vrai responsable, comme pour le changement climatique, alors chacun fait le dos rond, l'individualisme et le chacun pour soit semblent la seule perspective espérant passer entre les gouttes. (…) »
Lionel debraye : « Tout à fait d'accord. J'étais dans les rues de Saint Nazaire le 13 mai 68 où il y avait plus de 20000 manifestants. C'était le début du mai 68 des travailleurs qui n'avait rien à voir avec le mai 68 estudiantin. Des centaines d'usines occupées, des millions de travailleurs en grève... Mais ce 13 mai là, si on sentait qu'il se passait quelque chose de pré-révolutionnaire, la révolution n'y était pas pour autant. Enfin, d'accord avec Elie sur le fait que les convergences entre étudiants (pour faire court) et les travailleurs n'étaient pas au rendez-vous. Les "gauchistes" estudiantins n'ont jamais pardonné à la CGT et au PC d'avoir préféré négocier avec le gouvernement des avancées sociales plutôt d'abattre l'Etat qu'ils détestaient. Je me souviens aussi d'une discussions avec un ex gauchiste étudiant de 68 qui me disait froidement que si les ouvriers n'avaient pas marché avec eux, eux qui devenaient "l'élite" de la nation à des postes clé feraient payer aux ouvriers leur "désertion". On a vu la suite avec ce que sont devenus des Cohn Bendit, des Kessler et bien d'autres. Leur détestation de l'état les a conduits à faire cause commune avec la frange la plus réactionnaire du capital et de la finance pour abattre enfin cet état tant détesté... Et pour l'instant, ils ont presque gagné ! »

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